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Le RAMEAU et la Fondation pour la Co-construction du bien commun sont heureux de mettre à votre disposition la capitalisation de leurs travaux respectifs sur la co-construction du bien commun. L’objectif est de donner des outils et un éclairage à ceux qui souhaitent comprendre les racines de ce profond changement de méthode  de notre capacité collective à faire société.

Les fondamentaux :

Il a fallu du temps et de la patience pour que la sémantique évolue progressivement pour devenir cette réalité nouvelle : notre capacité collective à créer de nouveaux liens féconds au travers d’alliances innovantes au service du bien commun.

– La co-construction du bien commun en quelques mots … et en actions !
– Le « dictionnaire des praticiens »

 

Pour cheminer : 

Pour découvrir le mouvement de co-construction du bien commun et y contribuer, nous vous invitons à cheminer :

– Au travers d’exemples concrets,
– Au travers de publications inspirantes,
– Au travers d’une exposition pédagogique,
– Au travers de témoignages,
– Au travers de vos propres contributions que vous pouvez partager grâce à un carnet de Lien Commun.


Pour bien comprendre l’utilité d’une telle plateforme de capitalisation, il convient de rappeler la récence de cette capacité collective à faire alliance au service du bien commun, et d’en souligner les principales dates :

2001 : La graine
La modification de la Constitution inclut un « droit à l’expérimentation » qui vient marquer la fin définitive du principe de 1792 de la loi Le Chapelier : il ne doit rien y avoir entre l’Etat et le citoyen en matière d’intérêt général. Cette graine semée mène vers un changement radical de méthode, mais il est encore trop tôt pour le voir.

2006 : les premières racines
Lorsque le RAMEAU fut créé en mars 2006, laboratoire de recherche empirique sur les alliances innovantes au service du bien commun, aucune des deux notions : co-construction (barbarisme inaudible) et bien commun (concept bicéphale cristallisé au XIIème siècle et oublié depuis le XIXème siècle n’étaient présents dans la culture française. Pourtant, les « signaux faibles » permettaient de capter l’émergence d’une nouvelle méthode. C’est ce qui a motivé l’envie de l’observer et de l’expérimenter au travers d’une nouvelle approche de recherche empirique (voir la présentation du RAMEAU).

18 mois après, sur les conseils d’Anne ROBIN, philosophe et statisticienne, reconnue notamment pour ses études d’évolution des tendances, liées à l’impact numérique, la Caisse des Dépôts et Le RAMEAU créent l’Observatoire des partenariats pour se doter de données fiables sur l’évolution des partenariats en France. Le MEDEF et la CPCA (devenue Le Mouvement Associatif) acceptent pour la première fois de siéger ensemble dans la même instance pour suivre le mouvement de co-construction en émergence.

2010 : les racines profondes
Fort des premiers enseignements observés, Daniel LEBEGUE, Président-fondateur de l’Institut Français des Administrateurs, et Charles-Benoît HEIDSIECK, Président-fondateur du RAMEAU, ont été reçus par Jacques DERMAGNE, alors Président du Conseil Economique, Social et Environnemental, pour lui proposer d’initier une réflexion en profondeur sur les mutations du concept d’intérêt général. L’accueil fut très chaleureux et a été accompagné de 2 principes fondateurs issus de l’expérience du président du CESE :
– « Prenez du temps et choisissez le juste temps »,
– « N’oubliez pas les Institutions, mais ne commencez pas par elles ».
Fort de ces deux enseignements, il convenait d’attendre.

2014 : la première pousse 
Lorsque Hubert ALLIER, Vice-président du Mouvement Associatif et Conseiller du CESE, a souhaité initier une réflexion profonde sur « l’intérêt général : nouveaux enjeux, nouvelles alliances, nouvelle gouvernance », le temps était venu. Il fallait composer une équipe pluridisciplinaire (élus, hauts-fonctionnaires, dirigeants d’entreprises, syndicalistes, dirigeants associatifs et chercheurs) prête à prendre le temps nécessaire pour comprendre les racines de ce concept franco-français, et pourtant mondialement structurant. Il fallait aussi définir une méthode de cheminement apprenant au travers d’une démarche de co-construction. L’objectif : comprendre pourquoi un concept qui a longtemps été une réponse était devenue une question, et identifier les leviers pour en réactiver la force.

2015 : le tronc commun
En septembre 2015, sur un plan international, les Objectifs du Développement Durable venaient succéder aux Objectifs du Millénaire avec un changement de posture radical. Alors que les premiers avaient pour objectif d’identifier comment les pays du Nord pouvaient contribuer au développement des pays du Sud, les seconds instituaient le principe que tous les pays sont concernés et qu’il convient d’agir ensemble avec une juste contribution de chacun selon ses talents et ses moyens. La co-construction a été institué à cette occasion comme un objectif méthodologique structurant pour réussir ce challenge. En France, après 18 mois de réflexion, le rapport « Intérêt général : nouveaux enjeux, nouvelles alliances, nouvelle gouvernance », éclairait d’un jour nouveau 2.000 ans d’histoire de France. Structurellement construite autour de ce concept, La France a su profondément évoluer en fonction des évolutions philosophiques, juridiques et politiques.

2016 : les premières branches 
Dans la continuité du rapport de 2015, le livre collectif « Bien commun : vers la fin des arrogances ! » fait la pédagogie, à partir d’une vision systémique, des raisons qui justifient le changement de méthode et l’urgence de faire changer d’échelle la dynamique de co-construction du bien commun. La conception d’une exposition itinérante sur la co-construction en action, et sa déclinaison en kit pratique pour les territoires permettent de mettre en débat les enseignements du livre non seulement à Paris, mais aussi dans les territoires. Le RAMEAU est aussi invité à témoigner de ce mouvement à l’international, au Canada, en Allemagne et en Belgique, après avoir eu l’opportunité d’une première mise en débat en Russie en 2015. A l’occasion des 10 ans du laboratoire de recherche empirique, la Fondation pour la Co-construction du bien commun est créée le 15 décembre 2016 (voir le discours  du lancement de la Fondation).

2017 : les premiers fruits 
Après 3 ans de capitalisation, modélisation et publications des résultats de ses recherches empiriques, les outils sont prêts pour éclairer les organisations publiques et privées, ainsi que les territoires, au travers de méthodes éprouvées par les pionniers, et d’outils adaptés aux pratiques innovantes. Grâce à un travail triennal et à la Fondation Bettencourt Schueller qui y a investi 1,5 million d’euros, les résultats sont enfin disponibles en « open source » sur 8 centres de ressources numériques et au travers de démarches d’appropriation déclinées en 5 formats. Fort de cette mise en partage des fruits de ces travaux, l’Institut CDC pour la Recherche identifie l’opportunité de créer un lien plus étroit entre la recherche empirique du RAMEAU et la recherche académique. A l’occasion du 10éme anniversaire de la création de l’Observatoire des partenariats, le 23 novembre 2017 est organisée un premier regard croisé chercheur/praticien sur les impacts des alliances innovantes au service du bien commun. Sont mis en débat les retours d’expériences des pionniers sur les impacts des alliances en matière de performance des organisations, d’innovation territoriale & sociétale, de confiance des Hommes  et des Territoires . Sur cette base, le 3ème plan quinquennal 2018-2022 de l’Observatoire des partenariats est lancé.

2018 : premières récoltes
Le colloque « Intérêt général : dès aujourd’hui, l’affaire de tous ? » du 12 janvier 2018 au CESE marque une nouvelle étape de la capacité collective de la France à co-construire des solutions à la hauteur des défis de ce XXIème siècle. Il (re)donne espoir dans ce dynamisme collectif, et invite au « pari de la confiance » (voir le dossier sur les leviers de l’intérêt général). Le 1er Conseil Scientifique de la Fondation pour la Co-construction du bien commun réaffirme le 25 janvier 2018 les fondements de son action (voir la présentation de la Fondation pour la Co-construction du bien commun).

La co-construction a émergé des territoires pour rayonner aujourd’hui plus largement. C’est dans ce contexte d’un élan d’espérance fondé sur le constat des premiers impacts de cette nouvelle méthode que Le RAMEAU et la Fondation pour la Co-construction du bien commun sont heureux de partager les fruits de leurs actions respectives. En moins de 20 ans, notre pays a su se saisir de la notion de co-construction du bien commun. Elle s’est progressivement imposée comme un levier essentiel pour relever les défis collectifs de ce début de millénaire, et pour bâtir collectivement  un XXIème siècle plus fraternel, équitable et durable.

Nous n’en sommes qu’au début d’une aventure commune ; d’une « Renaissance » aussi structurante que celle que nos ancêtres ont vécu il y a 500 ans. Réjouissons-nous, ils ont mis 120 ans à la comprendre ; grâce à leur expérience, nous pourrons en faire l’apprentissage plus rapidement ! Cependant, ne nous trompons pas, un Cédre du Liban met 100 ans pour pousser, et il ne sert à rien de tirer dessus pour aller plus vite, au contraire, cela risque d’arracher les racines d’une pleine espérance de beauté future …

Charles-Benoît Heidsieck
Président-Fondateur du RAMEAU et de la Fondation pour la Co-construction du bien commun